La ligne
de chemin de fer
Collonges - Nyon

Texte de Nicolas von Auw, 2025.
Version A1.00


Un projet ambitieux

 Le 1er juin 1899, la première section de 37.9 km à écartement Stephenson1 entre Collonges - Fort-l'Écluse et Divonne-les-Bains est inaugurée dans l'Ain, sous l'égide de la Compagnie du PLM2.

Parmi les ouvrages d'art qu'elle traverse, on peut citer le viaduc métallique3 situé juste après le tunnel du Grand Échaud4, et le viaduc d'Almogne.

 Avec Gex pour point culminant, le tracé imposait des efforts considérables aux locomotives à vapeur Eb 3/55, notamment sur la pente de plus de 23 ‰ entre Collonges et Paradis.


L'extension transfrontalière et l'essor de la ligne

 En 1904, un accord franco-suisse permet à la compagnie du NC6 d'exploiter la liaison vers Nyon, en partenariat avec le PLM et les CFF7. Le tronçon suisse est alors ouvert en deux étapes :

  1. Nyon – Crassier, 1er mai 1905
  2. Crassier – Divonne-les-Bains, 3 novembre 1905, prolongeant ainsi le réseau français.

 Au total, la ligne franco-suisse couvre dès lors 47 km, desservant des haltes pittoresques telles que Sergy-Saint-Denis, Gex ou Grilly, avec un dénivelé maximal de 10 ‰ côté suisse.

La ligne était définie avec les arrêts suivants :

  1. Collonges - Fort-l'Écluse (F)
  2. Paradis (F)
  3. Péron-Farges (F)
  4. Sous-Péron (F)
  5. Saint-Jean-de-Gonville (F)
  6. La Fenière (F)
  7. Almogne (F)
  8. Sergy-Saint-Denis (F)
  9. Flies (F) ou Flies-Chevry (F)
  1. Échevenex (F)
  2. Gex (F)
  1. Grilly (F)
  2. L'Arbère (F)
  3. Divonne-les-Bains (F)
  4. Vésenex-Crassier (F/CH)
  5. Crassier (CH)
  6. Eysins (CH)
  7. Nyon (CH)

Les Guerres Mondiales, prémices de la fin

 Dès la Première Guerre mondiale, le trafic de voyageurs décline et entraîne la faillite du NC en 1921. L'État de Vaud reprend alors la ligne et la modernise entre 1921 et 1944.
La Seconde Guerre mondiale interrompt à nouveau l'exploitation de la ligne jusqu'en novembre 1944, laissant en 1950 un déficit abyssal de CHF 150 000.


La fin d'une ère

 L'essor de l'automobile scelle le destin de la ligne en 1962 lors de la construction de l'autoroute A1, dont le tracé coupe la voie après Eysins. Le dernier train Nyon - Crassier circula le 30 septembre de cette même année.
Côté français, les autorails diesels Picasso X3800 remplacèrent les locomotives à vapeur, mais les fermetures s'enchaînèrent :

La ligne restante est alors exploitée de façon minimale pour le transport d'ordures.

Le XXIe siècle sonne le glas de toute exploitation : après un déraillement à Sergy en 2011, la ligne est finalement abandonnée et délaissée dès 2014.

En 2014, l'association Asurail, soutenu par la région Rhône-Alpes, porte un projet de réouverture budgétisé à entre 6 et 7 millions d'Euros (soit entre CHF 5 663 700 et 6 607 600). Hélas, le Préfet de Nyon bloque les études, malgré un fort engagement local.


Ce qu'il en reste

Aujourd'hui, la ligne est impraticable à tout trafic, la végétation reprends ses droits sur le rail. Seuls des vestiges subsistent, tels que le viaduc de Pougny, ainsi que des autorails préservés par l'ABFC8. Ils sont les seuls témoins de cette aventure transfrontalière, une histoire pour laquelle modernité et patrimoine se sont croisés avant de s'effacer devant le succès des déplacements individuels concurrents.

Quelques photos


Sources