Une ligne, une histoire
Au début du XXe siècle, la ville de San Diego, aux États-Unis d'Amérique, était quasiment isolée du reste du monde. Son environnement désertique rendait difficile l'acheminement des marchandises. Située en cul-de-sac, la ville est bordée par l'océan à l'ouest, le Mexique au sud, des déserts à l'est, et le reste de la Californie au nord. Les dirigeants locaux ont donc cherché à obtenir une ligne de chemin de fer directe pour, notamment, soutenir l'armée, développer les importations et étendre le commerce local.
1905
Edward Henry Harriman1 explore l'Imperial Valley à la demande du président Theodore Roosevelt2, qui souhaite utiliser la Southern Pacific Railroad pour transporter des rochers destinés à endiguer les crues du Colorado. Les inondations du fleuve menaçaient alors le Salton Sink3. C'est lors de cette mission qu'Harriman découvre le potentiel de développement de la région de San Diego. Cette révélation fait de lui l'un des principaux financiers discrets du projet ferroviaire local. Derrière cette discrétion se cache un acteur décisif et puissant : ce baron des chemins de fer, déjà à la tête de l'Union Pacific et de la Southern Pacific, tire les ficelles en coulisses.
Initialement, la San Diego & Arizona Railroad (abrégée SD&A) devait relier directement San Diego à Yuma. Un trajet si audacieux et ambitieux qu'on le surnomma l'Impossible Railroad4. Cependant, les plans furent modifiés pour connecter la SD&A à la Southern Pacific via la ville d'El Centro5, simplifiant ainsi le tracé. De même, l'itinéraire prévu à l'origine - passant par Dulzura, entièrement en territoire américain - fut révisé pour contourner le Mexique. Le nouveau trajet empruntait désormais Tijuana et Tecate en Basse-Californie, réduisant ainsi les coûts et les complications logistiques.
1906
Les journaux locaux titrent : "La ligne San Diego - Yuma est en bonne voie !".
Ce projet devient réalité grâce à un consortium d'investisseurs influents :
- John Diedrich Spreckels, magnat de l'industrie sucrière
- Son frère Adolph Bernard Spreckels
- William Clayton et Harry L. Titus, figures clés du développement local
7 septembre 1907
Un coup de pioche historique marque le début des travaux du Chemin de fer de l'Impossible. San Diego, alors en plein essor, affiche une croissance démographique spectaculaire : sa population a été multipliée par sept depuis 1873. Elle atteint désormais 35 000 habitants. Cette expansion fulgurante renforce l'urgence du projet ferroviaire afin de désenclaver la ville.
1907 - 1909
Le projet ferroviaire de Carrizo Gorge dut affronter des défis titanesques : un terrain extrêmement accidenté (pentes à 45% par endroits), des intempéries répétées (inondations, glissements de terrain), des actes de vandalisme réguliers et la grave crise financière de 1907 qui mit le projet en péril. Le décès d'Edward Harriman en 1907 porta un coup dur au projet. Mais John D. Spreckels parvint à le relancer grâce à son réseau et sa détermination.
1909 - 1919
Pendant 12 ans, ingénieurs et ouvriers accomplirent l'impossible :
- Nivellement de 42 km de voies en canyon
- Excavation de 17 tunnels dans le granit
- Construction de 14 ponts vertigineux
La ligne passe par le Mexique, Tijuana, Tecate, Campo, Tecate Divide, Highpass qui culmine à 1 118 mètres d'altitude, les Carriso Gorge dans le désert et se termine à El Centro.
Quelques chiffres clés :
- 2 000 ouvriers simultanément sur le chantier
- 3 millions de tonnes de granit excavées
- Coût final : 18 millions de dollars américains, soit environ 500 millions aujourd'hui
Entre Campo et le désert, la voie ferrée accomplit des prouesses techniques :
- Viaduc de Campo Creek
- Hauteur vertigineuse de 56 mètres
- Il franchit le canyon avant d'atteindre High Pass, porte d'entrée des Carrizo Gorge
- Traversée des gorges (section la plus périlleuse) comprenant 17 tunnels taillés dans la roche dont les longueurs sont comprises entre de 61 à 792 mètres
- Viaduc de Goat Canyon (structure en bois remarquable)
- Finalement, la voie s'enfonce dans les étendues désertiques
- Viaducs latéraux suspendus à 274 mètres au-dessus du ravin. Déclivité maîtrisée :
- Pente maximale : 2.2%
- Lacets serrés à 20° sur 18 kilomètres de parcours
1911
Alors que la construction atteint son paroxysme, de nouveaux défis révolutionnaires émergent :
- En février 1911 , la fondation du Comité Impérial Mexicain, un groupe révolutionnaire opposé au régime de Porfirio Díaz
- Le tronçon mexicain de la Desert Line, qui devient une cible stratégique, symbole de l'influence américaine
Ces événements provoquent des impacts opérationnels, comme :
- Des attaques répétées sur les convois ferroviaires (sabotages de voies, pillages)
- Des ouvriers kidnappés pour rançon entre Tecate et Mexicali
- Des retards cumulés de 6 mois sur le calendrier initial
- L'embauche de 300 gardes armés pour protéger les chantiers
- Des négociations secrètes avec les caudillos6 locaux
- Un détournement temporaire par El Centro pour les trains prioritaires
- 47 attaques documentées entre 1911-1913 selon les archives de la Southern Pacific
Ce comité préfigure les forces villistes7 de la Révolution mexicaine des années 1910 à 1920.
1912
John D. Spreckels se retrouve au cœur d'une tempête judiciaire. La Southern Pacific Railroad l'attaque en justice, l'accusant de détournement de fonds secrets. Initialement versés par Edward Harriman, ils étaient destinés au développement du San Diego & Arizona Railway. Ils avaient permis de sauver le projet lors de la crise de 1907. Le montant contesté : 2.3 millions de dollars américains, soit un équivalent de 60 millions aujourd'hui.
En 1916, après 4 ans de procédure, les tribunaux rejettent finalement les accusations. Spreckels est blanchi, mais le scandale aura entaché sa réputation.
1915
Face à une sécheresse persistante, la ville de San Diego engage Charles Hatfield, un célèbre "faiseur de pluie". Ce dernier, sûre de lui, déclare qu'il ne sera payé qu'en fonction de l'eau apportée. Il installe son dispositif au lac Morena. Ce sera l'origine insolite du désastre de janvier 1916.
Janvier 1916
La catastrophe surnommée Hatfield Flood frappe San Diego. C'est la pire tempête pluvieuse jamais enregistrée à l'époque. Elle ravage la région et une section majeure de la voie ferrée est emportée par les eaux. L'ironie du sort : les pluies torrentielles commencent effectivement… mais ne s'arrêtent plus entre le 10 et le 20 janvier 1916. Elle sera suivie d'une seconde vague du 20 au 27 janvier.
Bilan de la catastrophe :
- Des voies ferrées et ponts emportés
- Des lignes téléphoniques coupées
- Des fermes et habitations détruites
- Deux barrages ont cédés
- De nombreuses victimes sont à déplorer
Epilogue amer : la ville refuse de payer Hatfield, l'accusant d'avoir provoqué le désastre. L'événement restera gravé dans l'histoire de la région. Le Maire de San Diego contemple alors son cauchemar météorologique.
Alors que les États-Unis entrent dans la Première Guerre mondiale, le projet ferroviaire subit un coup d'arrêt brutal. Le gouvernement fédéral, priorisant l'effort de guerre, suspend les financements et interrompt les travaux pour préserver les ressources nationales. Face à cette crise inédite, John D. Spreckels fait une fois encore preuve de sa détermination légendaire et démontre sa capacité à surmonter les obstacles les plus redoutables ; malgré le contexte difficile et la pénurie de matériaux, il parvient à maintenir le projet en vie par des moyens alternatifs.
1919
Malgré les ultimes retards causés par l'épidémie de grippe, le rêve d'aboutissement de la ligne du Chemin de fer de l'Impossible devient réalité le 15 novembre 1919. Le train spécial Gold Spike Limited (GSL) entre en gare de Carrizo Gorge sous les acclamations, marquant la fin d'une épopée ferroviaire. John D. Spreckels, entouré des dignitaires de San Diego et du Mexique, donne le dernier coup de pioche symbolique signifiant la fin des travaux. Cet instant historique consacre l'achèvement d'une ligne audacieuse de 238 kilomètres reliant San Diego à l'Arizona, après douze années de travaux pharaoniques. Dès l'aube du 1er décembre 1919, un sifflement retentit dans le désert : le premier train à vapeur de la Southern Pacific entame son voyage inaugural entre El Centro et San Diego. Cette journée historique marque l'entrée en service commercial du légendaire Chemin de fer de l'Impossible, réalisant ainsi la connexion tant attendue entre l'est et l'ouest.
Avec leurs imposantes locomotives crachant des panaches de fumée, les convois mixtes, qui transportaient à la foi passagers et marchandises, commencent leurs balais réguliers à travers les paysages extrêmes des Carrizo Gorge.
Après douze ans de défis techniques et financiers, le rêve de Spreckels devient enfin réalité quotidienne. Le coût final de cette prouesse technique s'élève à 19 millions de dollars (soit près de 300 millions aujourd'hui), un prix payé en sueur, en ingéniosité et en persévérance face aux innombrables défis.
1920
Une avalanche déferle sur les voies dans les gorges.
7 août 1926
John Diedrich Spreckels décède à l'âge de 72 ans, en Californie.
1927
La ligne est victime d'une autre grande inondation.
1930
La population de San Diego est alors de 148 000 habitants.
1932
L'un des tunnel s'effondre après 4 jours d'incendie et un glissement de terrain en obstrue un second.
Un troisième est également détruit par un autre incendie criminel.
1939
Des glissements de terrains causés par des inondations et divers catastrophes naturels entraînent la fermeture momentanée de la ligne, et donc des retards.
1940
La population de San Diego et de 203 000 habitants.
1941
Avec l'entrée dans la Seconde Guerre Mondiale des États-Unis, la crise économique entraîne une augmentation considérable des services de transports de marchandises et de passagers. Ce trafic reviendra à la normale à la sortie de la Guerre.
1950
Les premières locomotives diesel-électrique entrent en service.
1951
La San Diego & Arizona Eastern Railway interrompt son service voyageurs. Ne subsiste alors plus que le transport de fret.
Septembre 1976
L'ouragan Kathleen s'abat sur le pays. Il réduit à néant des sections entières de voies, et emporte plusieurs viaducs principaux. Cette catastrophe naturelle, ajoutée aux pertes financières accumulées ainsi qu'aux multiples désastres précédents, nourrit un sentiment croissant d'abandon parmi les parties prenantes. Mais contre toute attente, l'Interstate Commerce Commission rejette catégoriquement une option de rénovation de la ligne, en 1978, puis réitère son veto en 1984.
Durant ces années critiques, la ligne subit de nouveaux revers : plusieurs tunnels s'effondrent définitivement, victimes d'incendies criminels récurrents.
Le salut de la ligne revient finalement au Metropolitan Transit Development Board (MTDB) qui, après le rachat de l'infrastructure, engage dès 1980 un ambitieux programme de rénovation pour redonner vie à cette légende ferroviaire.
1979
Cette année marque un tournant critique pour la Desert Line. Le Metropolitan Transit System (MTS) négocie un bail audacieux avec la Pacific Imperial Railroad qui obtient les droits d'exploitation contre un loyer de 500 000 dollars américains tous les six mois, tout en assumant l'entière responsabilité financière. Cet accord ingénieux protège l'argent public : si la Pacific Imperial échoue, MTS récupère la ligne sans avoir engagé un seul dollar américain d'argent public.
La situation devient tendue le 1er juillet 1979 car le paiement attendu n'arrive pas. Au bord de la faillite, la Pacific Imperial verse dans un rebondissement de dernière minute un chèque de 500 000 dollars américains la veille de l'échéance, sauvant in extremis l'accord. Parallèlement, MTS finalise cette même année un important partenariat de 15 millions de dollars américains avec un autre opérateur pour restaurer l'infrastructure vieillissante. L'autorité transporteuse acquiert 174 kilomètres de voies, dont le segment stratégique de la Desert Line, soit 113 kilomètres qui traversent Campo et Jacumba.
Près d'un demi-siècle plus tard, l'avenir de ce bail de 99 ans reste incertain, la compagnie actuelle peinant à honorer ses engagements.
1982
La ligne est fermée momentanément pour causes de dégâts créé par l'une des dites "tempêtes de l'année".
1984
La fermeture totale de la ligne marque le début d'une longue période de stagnation. S’ouvre alors un interminable chapitre de discussions et de plans avortés : projets fantômes, études de faisabilité sans suite, promesses non tenues. Année après année, les espoirs de réouverture se heurtent à des obstacles financiers, politiques et techniques récurrents.
Il faudra attendre 2004 pour voir émerger des propositions concrètes, mettant fin à deux décennies d'atermoiements. Ces vingt années d'incertitude auront laissé le légendaire Chemin de fer de l'Impossible dans un étrange purgatoire, entre abandon définitif et renaissance hypothétique.
1985
Tentative originale de redynamisation : le Pacific Southern Railway Museum lance des excursions touristiques au départ de Campo. Ces parcours pittoresques, desservant Miller Creek et Tecate, permettent aux visiteurs de découvrir les paysages spectaculaires de l'ancienne ligne. Cependant, cette initiative prometteuse tourne court des suites de l'entrée en vigueur de nouvelles réglementations de sécurité particulièrement strictes concernant la responsabilité en cas d'accident. Le musée est contrait d'interrompre prématurément ces excursions. Ce revers illustre les difficultés récurrentes à concilier préservation historique et exigences réglementaires modernes.
2004
La ligne connaît un nouvel élan avec l'achèvement des travaux de rénovation des tunnels numéros 8 à 16, et du célèbre viaduc de Goat Canyon. Ces importants travaux permettent la reprise du trafic fret vers Plaster City, redonnant temporairement vie à cette infrastructure historique. Malheureusement, ce regain d'activité est de courte durée car en 2010, de nouveaux actes de malveillance surviennent : des incendiaires endommagent gravement un tunnel crucial situé en territoire mexicain, compromettant à nouveau la viabilité de la ligne.
Cet incident souligne la vulnérabilité persistante du Chemin de fer de l'Impossible face aux aléas humains et naturels.
2008
Le tronçon de la Desert Line détenue par MTS cesse le transport de fret, uniquement, en raison de son mauvais état.
2009
Le tunnel Lindero est endommagé par un incendie.
2011
Carrizo Gorge Railway Inc. (CZRY) cesse ses activités sur le segment Tijuana - Tecate à la fin de l'année.
2012
Cette année cruciale voit émerger un nouveau chapitre pour la Desert Line. Les autorités mexicaines donnent leur feu vert à une entreprise ambitieuse pour restaurer la ligne, mais le projet reste paralysé par les revendications financières d'anciens investisseurs, certains exigeant toujours le remboursement de leurs fonds.
Dans le même temps, la SD&AE signe un accord historique avec la Pacific Imperial Railway Company : un bail d'exploitation de 50 ans pour le transport de marchandises, marquant la fin des droits de la CZRY. Paradoxalement, cette année qui semblait prometteuse sonne le glas définitif de l'exploitation active de la ligne. Dès lors, les discussions reprennent avec vigueur autour d'une éventuelle réouverture, ouvrant un nouveau cycle d'espoirs et d'incertitudes pour ce patrimoine ferroviaire légendaire.
2013
Des projets étaient en cours d'élaboration pour remettre les trains en service.
2014
Le projet ambitieux de reconstruction de la Desert Line, porté par un consortium d'entreprises frontalières, se trouve paralysé par d'interminables tensions entre les derniers propriétaires et le Metropolitan Transit System. Pourtant, cette initiative bénéficie d'un large soutien transversal :
- Appui politique : élus locaux et régionaux unis derrière le projet
- Soutien économique : chefs d'entreprise et investisseurs convaincus
- Adhésion citoyenne : responsables civiques enthousiastes
Ces partisans mettent en avant des arguments percutants :
- Lien industriel vital pour connecter usines automobiles et zones de production
- Double bénéfice : réduction des coûts et de la pollution environnementale
- Optimisation logistique : suppression des transbordements routiers frontaliers
Malgré ce consensus impressionnant, les querelles juridiques et financières condamnent le projet à l'immobilisme, laissant inexploitées des opportunités économiques et écologiques majeures.
2024
La légendaire ligne ferroviaire présente aujourd'hui un visage contrasté. A l'état d'hibernation avancée, ses voies désaffectées et interdites à la circulation. Toujours propriété du Metropolitan Transit System (MTS), la ligne est désormais jalonnées de wagons fantômes immobilisés dans un silence rouillé. Pourtant, cette relique industrielle continue d'attirer les curieux. Certains sentiers de randonnée, empruntés par les plus aventureux, offrent des points de vue spectaculaires sur des ouvrages d'art remarquables comme les impressionnantes structures du Carrizo Gorge. Ces expéditions improvisées n'en restent pas moins périlleuses, transformant chaque exploration en pari audacieux contre les éléments et la décrépitude.
In Fine
Ce chemin de fer, né dans l'adversité d'un terrain hostile et de défis sans cesse renouvelés, demeure avant tout le récit d'un triomphe humain et technique. Plus qu'une simple infrastructure, il incarne l'audace visionnaire d'une époque et la ténacité indomptable de ses bâtisseurs. A travers les figures emblématiques comme John D. Spreckels et son équipe d'entrepreneurs intrépides, c’est tout un chapitre de la persévérance américaine qui s'est écrit. Leur héritage nous rappelle avec force qu'aux limites du possible répond souvent l'infini des ambitions humaines. Pérennisant la mémoire de cette épopée industrielle, un tronçon spectaculaire de 113 kilomètres serpente toujours le long de la frontière mexicaine, dans le sud-est du comté de San Diego. Baptisé officiellement Desert Line Mirage Lives mais universellement connu comme le dernier vestige de l'Impossible Railroad, ce segment désaffecté conserve une aura mythique.
Silencieux mais chargé d'histoire, ce corridor ferroviaire fantôme témoigne de l'audace démesurée qui anima ses concepteurs, offrant aux paysages arides du désert une étrange poésie industrielle.
Sur les 18 kilomètres du seul Carrizo Gorge, la ligne concentre à elle seule 14 viaducs et 21 tunnels, révélant l'incroyable densité d'ouvrages d'art nécessaires pour dompter ce relief extrême.
Portrait de John Diedrich Spreckels
John Diedrich Spreckels est un homme d'affaire américain né à Charleston, en Caroline du Sud, le 16.08.1853.
- Il travaille pour son père, Claus, qui dirige une entreprise prospère dans le domaine du sucre
- 1880 : Il est riche entrepreneur à part entière
- 1887 : il visite San Diego pour la première fois pendant laquelle il est attiré par le boom immobilier éphémère dont fait preuve la ville
- 1890 : il est propriétaire de l'Hotel del Colorado
- 1892 : il achète le réseau ferroviaire de San Diego. Il change alors la traction à cheval par l'électrique
- 1906 : il s'installe définitivement à San Diego
- 1908 : il emménage dans son manoir de Coronado (San Diego)
- 07.08.1926 : il meurt en portant le statut du plus riche homme de San Diego
Portrait d'Edward H. Harriman
Citation : "Je ne joue pas aux petits soldats avec les chemins de fer. Je les construis."
Edward H. Harimann
Naissance et Origines
- Né le 20 février 1848 à Hempstead (New York)
- Issu d'une famille modeste (père pasteur épiscopalien)
Parcours Entrepreneurial
- Débute comme messager à 14 ans chez un agent de change
- Fonde sa propre société de courtage à 22 ans (1870)
- Spécialisé dans le financement des chemins de fer
Empire Ferroviaire
- Contrôle l'Union Pacific Railroad (1898) après sa faillite
- Modernise 6 000 km de voies, double les tunnels, standardise les rails
- Rachète la Southern Pacific (1901), créant un réseau transcontinental
Méthodes Controversées
- Surnommé le "Napoléon des Rails" pour ses tactiques agressives
- Conflit célèbre avec J.P. Morgan pour le contrôle des chemins de fer
- Accusé de monopole par Theodore Roosevelt (procès antitrust en 1907)
Visionnaire Technique
- Electrification précoce des voies urbaines
- Système de signalisation innovant
- Investit dans les ports (San Francisco) et chantiers navals
Expédition Scientifique
- Finance une mission en Alaska (1899) avec 130 scientifiques
- Découvertes majeures en géologie et biologie
- Un glacier porte son nom (Harriman Fjord)
Vie Privée
- Marié à Mary Williamson Averell (fille d'un président de chemin de fer)
- Père de 6 enfants, dont W. Averell Harriman (futur diplomate)
Philanthropie
- Crée un hôpital pour enfants à New York
- Lègue 80 millions de dollars américains à des œuvres (soit environ 2.5 milliards aujourd'hui)
Mort et Héritage
- Décède le 9 septembre 1909 d'une crise cardiaque (61 ans)
- Fortune estimée à 100 millions de dollars américains, soit environ 3 milliards actuellement
- Inspira le personnage de Nathaniel Taggart dans La Grève d'Ayn Rand
Paradoxes
- Détesté par ses concurrents pour être sans pitié
- Admiré pour son efficacité et vision industrielle
1 : Edward Henry Harriman : cf. Portrait d'Edward Henry Harriman.
2 : Theodore Roosevelt : né le 27 octobre 1858 (New-York), décédé le 6 janvier 1919 (Oyster Bay), 25e Président des États Unis d'Amérique 14 septembre 1901 au 4 mars 1909.
3 : Salton Sink : dépression géologique située dans le sud de la Californie, aux États-Unis, au niveau de l'Imperial Valley.
4 : Impossible Railroad : en français le Chemin de fer de l'Impossible.
5 : El Centro : la plus grande ville de la vallée impériale en Californie (USA).
6 : Caudillos : à l'origine, chefs de guerres locaux.
7 : Forces villistes (ou villismo) : référence au mouvement politique et militaire conduit par Francisco "Pancho" Villa pendant la Révolution mexicaine. Ce n'est pas une armée régulière avec une doctrine strictement définie, mais plutôt un groupuscule puissant porté par le charisme de son leader.