Chapitre 1
Tractions animale et à vapeur
1815 - Durant l'année
Pour se situer dans le temps, on prendra 1815, année pendant laquelle Genève est admise comme canton dans la Confédération Helvétique.
1817-1818
À Genève, le projet d'un bateau-manège à aubes tracté par 4 chevaux est étudié.
Il devra effectuer des navettes entre Les Eaux-Vives et Les Pâquis, à la cadence d'un départ toutes les heures.
Son inauguration a lieu en 1818.
1821 - Durant l'année
Le service du bateau-manège est interrompu.
1823 - Durant l'année
Le premier bateau à vapeur nommé Guillaume Tell relie les deux rives du lac Léman.
13.09.1833
M. Enneveux et M. Avanzine, voituriers à Carouge, créent un mini réseau de transports publics privés d'une longueur de 2.5 km, s'étendant de la Place-Neuve au Rondeau de Carouge. Il s'agit d'une simple charrette tirée par quatre chevaux, avec un départ toute les heures.
Ce service passa par la suite à la demi-heure. La fréquentation moyenne journalière était alors de 500 passagers.
Cette compagnie était liée à la CGOP
Couronnée de succès, d'autres entrepreneurs se lancent alors dans l'aventure, et de nouvelles lignes voient le jour, notamment à Lancy, Saint-Julien-en-Genevois, Vandœuvres, entre Fernay-Voltaire et Vernier, puis entre Chancy et Thônex.
1844 - Durant l'année
Dix membres de la Commission de l'État de Genève examinent la faisabilité d'un tracé ferroviaire entre Genève et Annemasse. Le projet bénéficie alors du soutien cantonal et de financements privés.
1846 - Durant l'année
Malgré les avancées techniques, le projet de 1844 est temporairement gelé en raison de difficultés financières et de désaccords politiques internes. Aucun événement extérieur majeur n'est à l'origine de cet arrêt qui résulte principalement d'un manque de capitaux et de la volonté de l'État de prioriser d'autres ouvrages d'infrastructures.
1848 - Durant l'année
Le 22 février 1848 éclate à Paris la Révolution de Février, qui prendra fin trois jours plus tard. Aussi appelée le Printemps des peuples, cette agitation politique entraîne une instabilité transfrontalière qui retarde à nouveau les négociations franco‑suisses, et bloque le financement du tracé Genève - Annemasse. Le projet reste donc suspendu jusqu'à la stabilisation de la situation internationale avant d'être relancé en 1852.
1852 - Durant l'année
L'Etat de Genève reprends les démarches de la création de la ligne Genève - Annemasse.
1853 - Durant l'année
De retour de son séjour en Amérique, le français Alphonse Loubat rentre au pays et crée une ligne de chemin de fer américain sur les quais de Billy et de La Conférence, à Paris.
08.01.1853
Une subvention de deux millions de francs suisses est accordée pour la liaison Genève - Annemasse.
23.01.1854
Les travaux de la ligne Genève - Annemasse débutent finalement.
17.08.1855
Date de la première concession pour exploiter un service d'omnibus à chevaux sur deux lignes, entre Carouge - Rive, et Plainpalais - Rive.
Les concessions sont accordées par la Ville de Genève à Monsieur Bonna, au nom d'un groupe d'actionnaires.
Cette date marque le début du service public d'omnibus à Genève.
04.08.1855
La gare de Cornavin, située sur le plateau de La Servette, est acceptée comme point terminus de la ligne Genève - Annemasse.
16.03.1858
Inauguration de la gare de Cornavin et de la ligne Lyon - Genève, avec une locomotive à vapeur de la même compagnie (Lyon - Genève).
"Sorti de l'Hôtel de ville, le Cortège composé du Conseil d'État et des délégués des différents corps constitués se dirige vers La Treille, la Corraterie, les Rues Basses, la Fusterie, la Place du Rhône, la Rue du Mont-Blanc et Cornavin. La gare est magnifiquement décorée, rapportent les observateurs, avec les écussons de l'Empire français, de la jeune Confédération Suisse et de Genève.
Après les discours, les autorités prennent le train composé de seize wagons et de deux locomotives (Salenches et Ville de Genève). Celui-ci s'ébranle en direction de La Plaine vers 15 heures et ne s'arrête pas dans les gares de Meyrin et de Satigny.
À la gare de La Plaine, le convoi retrouve un autre train arrivé de Lyon avec des notables français, accompagnés par les membres de la direction de la Compagnie. Tout le monde retourna à Genève. À l'Hôtel de ville, les autorités genevoises offrent une collation. Plusieurs discours officiels, dont celui de James FAZY, sont prononcés."
19.03.1858
La ligne Lyon-Genève est inauguré pour les transports de marchandises et de voyageurs.
25.06.1858
Ouverture de la ligne Genève - Lausanne.
27.08.1861
Mrs Burn & Cie obtient la première concession pour un chemin de fer américain de 2.5 km reliant la Place-Neuve au Rondeau de Carouge.
11.12.1861
Le Conseil Municipal de l'Etat de Genève autorise la construction du premier Pont du Mont-Blanc.
Il mesure 250 mètres de long pour une largeur de 16 mètres, et est construit en tôles. Il contient 12 traversées.
Certaines dalles se rompent au passage des véhicules trop lourds, car il est mal construit.
1862 - Durant l'année
La ligne du 27.08.1861 Place Neuve - Rondeau de Carouge évoluera rapidement pour s'étendre et passer par le Pont-Neuf (nom officiel, aussi surnommé Pont de Carouge) mesurant 69 mètres de long pour une largeur de 9 mètres. Ce dernier subira un encorbellement pour l'élargir, et son parapet en pierre d'origine est remplacé par une balustrade en fonte afin de pouvoir supporter le poids d'un tramway.
De passage à Carouge en 1797, le Général Bonaparte promet la construction d'un nouveau pont pour relier les deux berges de l'Arve. Finalement reconstruit entre 1809 et 1812 sous la direction de Nicolas Céard, il défie depuis le courant de l'Arve. Le troisième surnom de Pont-de-Napoléon lui fut attribué.
En 1967, le dallage de granit original a disparu sous l'asphalte. À l'époque, il n'y avait pas encore de statut définissant la catégorie d'appartenance des tramway; l'assimilerait-on aux omnibus, ou aux chemins de fer ? Car la largeur de la voie est encore standard (voie dite à écartement normal (la voie étroite n'est pas encore connue en Suisse).
18.06.1862
On choisi finalement la catégorie du chemin de fer américain (tramway) à 1 voiture tirée par des chevaux pour la ligne Place Neuve - Rondeau de Carouge, futur axe de la ligne 12.
Après l'obtention de la concession le 27.08.1861, c'est donc le premier tram qui quitte la Place Neuve.
Le dépôt est situé à La Cluse.
Une seconde ligne reliera quelques années plus tard la Place du Molard à Cornavin.
La compagnie exploitante a alors 45 voitures, les écuries comptaient 200 chevaux avec réserve l'eau, une grange à foin avec réserve de fourrage pour 5 mois et 15 000 litres d'eau.
01.07.1863
Une autre compagnie de transports obtient une concession pour une ligne entre Le Cours de Rive et Le Temple de Chêne-Bougeries, via la Route de Chêne, pour un total de 2.8 km. Elle sera mise en exploitation le 12.09.1864.
1864 - Durant l'année
Fusion des deux compagnies de transports et création de la Société Anonyme des Tramways de Genève. Les finances n'étant pas satisfaisantes, elles reviennent autonomes, créant ainsi deux nouvelles sociétés :
- Société du Tramway de Genève à Carouge
- Société du Tramway de Genève à Chêne
12.09.1864
Ouverture de la ligne entre Le Cours de Rive et Le Temple de Chêne-Bougeries, via la Route de Chêne, pour un total de 2.8 km. Elle comptait également un petit dépôt en bordure de la route de Chêne.
14.06.1866
Date de la fondation de la Compagnie Générale des Omnibus (CGO).
Pour structurer, développer et financer ce service de manière plus industrielle, la société concessionnaire est transformée en une société anonyme sous le nom officiel de "Compagnie Générale des Omnibus de Genève".
C'est l'acte de naissance légal et officiel de la compagnie en tant qu'entité juridique permanente.
1873 - Durant l'année
Premier travaux d'agrandissement de la gare de Cornavin, entrepris par le PLM (Paris-Lyon-Marseille)
1875 - Durant l'année
M. Antonin Févart, et M. Philippart tentent de rationaliser et unifier le réseau des transports genevois grâce à l'assainissement définitif des deux compagnies séparées depuis 1864 : la Société du Tramway de Genève à Carouge, et la Société du Tramway de Genève à Chêne.
Ils reçoivent une concession unique d'exploitation, et créent la ligne continue entre Carouge, Genève, Chêne-Bougeries, Moillesulaz frontière, et embranchement Molard - Mont-Brillant (gare de Cornavin) via le Pont du Mont-Blanc.
La Compagnie des Tramways du Nord (France) décide de se consacrer uniquement à ses propres transports dans le nord de la France.
01.03.1876
C'est finalement cette année que la rationalisation et l'unification du réseau des transports genevois de M. Févart et M. Philippart deviennent effectifs, avec une concession unique exploitée par la toute nouvelle Compagnie de Tramways de Genève.
Elle débute avec un capital-actions de CHF 100 000, et est présidée par M. Challet-Venet, ancien Conseiller Fédéral.
Dans un autre registre, c'est également cette même année que fut créé l'Assurance Accident.
04.08.1876
Inauguration de la nouvelle ligne de 1 km entre Cours de Rive et La Place Neuve, via les Rues Basses.
21.09.1876
Inauguration de l'embranchement Molard-Montbrillant (gare Cornavin), avec un service toutes les 7 minutes entre Carouge et La Terrassière, et toutes les 15 minutes entre La Terrassière et Le Temple de Chêne-Bougeries.
Octobre 1876
Aménagement de la Compagnie de Tramways de Genève au dépôt de La Cluse (vers Les Augustins).
Il accueille également les bureaux. Il est totalement achevé en 1877 et est agrandi en 1881 pour accueillir le matériel roulant supplémentaire à la desserte de Moillesulaz - Annemasse (France).
En 1881, la partie écurie est remplacée par un atelier.
Malgré son agrandissement, le dépôt reste trop petit.
20.10.1876
La Compagnie des Tramways de Genève devient la Compagnie Générale des Tramways Suisses (abrégée TS) afin d'éviter une mainmise étrangère et pour étendre son champs d'action à d'autres villes de Suisse.
Le capital-actions de la société est de CHF 1 000 000 + un emprunt-obligation de la même valeur.
Les chevaux cèdent petit à petit la place à la traction à vapeur, plus rapide et plus rentable.
18.08.1877
Les TS inaugurent ligne biennoise, toujours à écartement de voie normal.
Longue de 4 km, elle reliait Boujean - Bienne - Nidau, et fut prolongée à l'intérieur de Nidau de 400 mètres le 23.03.1878.
Après août 1877
Les TS demandent l'obtention des concessions pour les lignes Cornavin - Grand-Saconnex - Ferney, Genève à Veyrier, et Carouge - Plan-Les-Ouates - Saint-Julien.
Lors des premières années d'existence, les TS totalisent trois millions de voyageurs et malgré de mauvais résultats provenant des recettes de Bienne. Ils versent un dividende de cinq pourcent à leurs employés.
Cette même année, la Société des Tramways Suisses Genève reçoit sa première machine à vapeur. Les premiers essais sont concluants.
1878-1884
L'Europe traverse une grave crise économique internationale, souvent qualifiée de longue dépression ou grande dépression du XIXe siècle.
Cette crise affecte particulièrement les entreprises de transport, comme les Tramways Suisses (TS).
- Baisse du pouvoir d'achat : les genevois réduisent leurs déplacements non essentiels, affectant la fréquentation des tramways.
- Crise financière et boursière : difficultés à lever des capitaux pour l'expansion du réseau ou le renouvellement du matériel.
- Chute des dividendes : les dividendes versés par les TS aux employés chutent à 2% en 1878, contre 5% l'année précédente.
- Contexte suisse : la Suisse subit les contrecoups de la crise, avec notamment la faillite de la Banque de Genève en 1879, qui aggrave la situation locale.
Cette crise économique explique en partie les difficultés financières que rencontrent les TS durant cette période, les obligeant à reporter certains projets d'extension et à optimiser l'exploitation du réseau existant.
1878 - Durant l'année
C'est également l'année de la création de la Caisse de Secours-maladie.
Octobre 1880
Les TS posent la voie de la ligne Chêne-Bougeries - Thônex - Moillesulaz lors de l'achèvement de la route traversant Chêne-Bourg.
Décembre 1880
Les TS totalisent 3 161 280 voyageurs.
1880-1882
Le chemin de fer Paris - Lyon Méditerranée inaugure la ligne Annemasse - Thonon - Evian, qui s'avèrera profitable à l'extension de la future ligne TS jusqu'à Moillesulaz.
02.07.1882
Avec du retard, causé par l'élargissement de la rampe de Moillesulaz, inauguration de l'expansion de la ligne de Thônex, prolongée jusqu'à Moillesulaz.
05.08.1883
Une ligne entre le quai de la poste et le Grand-Lancy fut ouverte (cf. 1901).
22.09.1883
Inauguration de l'extension de la ligne Moillesulaz - Annemase centre (France).
Le réseau TS atteint alors douze killomètres pour 120 employés.
12.1883
Les TS ont engagés 120 agents du personnel.
1886 - Durant l'année
Une concession fut soumise par les TS pour relier Annemasse à Samoëns par la vallée du Griffe.
Mais la ligne ne verra jamais le jour. Elle aurait été construite en voie propre. Le Conseil Général de Haute-Savoie préféra un projet de tramway routier.
1887 - Durant l'année
Création de la première ligne de campagne en direction de Veyrier, via le pont de Sierne, avec la construction du dépôt de Veyrier (cf. 05.07.1877).
La ligne de Vernier fait apparaître le trams devant l'église Notre-Dame, vers Cornavin.
Les lignes vont ensuite à Vegy, puis Douvaine en France, et enfin à Jussy.
En très peu de temps, une ligne est créée reliant Saint-Julien, puis Chancy, le village le plus éloigné de Genève.
Le tramway va également en France, à Fernay.
Le tout, en moins de 3 ans, ce qui équivaut à plus de 70 km de voie, faisant de Genève le réseau de tramway à vapeur le plus étendu de Suisse.
Il existe alors trois compagnies de tramways à vapeur :
- les Tramways suisses exploitant un réseau à voie normales 1435 mm
- le réseau VE à voie étroite (écartement de 1 mètre)
- La Société du chemin de fer Genève - Veyrier (GV) à voie étroite
05.07.1887
La Société du chemin de fer Genève - Veyrier ouvre sa ligne.
Leur trois machines à vapeur arrivent au dépôt de Veyrier et les sept wagons contenaient 24 places assises marquent l'apparition des premières machines fabriquées par les ateliers de Winterthour.
1888 - Durant l'année
Second travaux l'agrandissement de la gare de Cornavin
Une turbine hydraulique est installée dans le dépôt de La Cluse, et l'atelier fut électrifié.
La ligne Carouge - Moilesulaz est électrifiée et le matériel roulant est changé.
Les voitures sont petites. Elles ne peuvent transporter que 36 voyageurs.
La concurrence du tramwayn'est alors que quelques piétons et quelques rares chars.
Décembre 1888
Les TS totalisent 3 496 560 voyageurs.
1889 - Durant l'année
Les TS s'engagent à prolonger de 900 mètres la ligne Molard - Gare Cornavin le long de la Rue de Lausanne jusqu'aux Ports Francs, à la hauteur de l'actuelle Rue du Prieuré. Les travaux débuterons en 1890.
La Société genevoise des chemins de fer à voie étroite n'exploite, dès cette année, plus que des machines à vapeur.
1890 - Durant l'année
Début des travaux de prolongation de la ligne Molard à Gare Cornavin.
Début de la construction de l'extension de 250 mètres qui raccorde la nouvelle gare des Vollandes (actuelle gare des Eaux-vives). Les TS s'y étaient engagé en 1889.
Ils demandent la concession d'extension de la ligne Annemasse - Place - Etrambières (gare du Salève) sur 1.7 killomètre, se détachant de la ligne Moillesulaz - Annemasse, en prévision de la possible première ligne électrique à crémaillère du Salève. Cette extension de ligne sera inaugurée le 01.06.1891.
01.06.1891
Inauguration de la prolongation de la ligne Molard à Gare Cornavin.
Dans le même temps, le raccordement entre les Ports Francs de Rive et la ligne Carouge - Annemasse fut construite.
On inaugure également l'extension jusqu'à la gare des Eaux-Vives (ex Vollandes).
Ci-dessous, le plan de la gare des Eaux-Vives de l'époque.
Fin totale de la traction animale.
11.08.1892
Inauguration de l'extension de la ligne Annemasse place - Etrambières (gare du Salève) se détachant de la ligne Moillesulaz - Annemasse. Ce sera la dernière ligne construite pour le tramwayà vapeur.
Une demande de concession qui ne verra pas le jour fut proposée pour une ligne reliant Ammenasse à Saint-Cergue, à la demande du concessionnaire du Chemin de Fer des Voirons, car la ligne de chemin de fer elle-même ne verra jamais le jour.
Inauguration de la première ligne électrique à crémaillère du Salève
1893 - Durant l'année
Troisième travaux d'agrandissement de la gare de Cornavin.
Décembe 1893
Les TS comptabilisent 3 981 160 voyageurs.
Chapitre 2
Traction électrique
1894 - Durant l'année
Les tramways électriques arrivent réellement. Ils sont reliés aux caténaires à l'aide l'une perche. L'opérateur est debout, la plateforme est ouverte.
C'est également l'année de la création d'une Société de Prévoyance.
1896 - Durant l'année
Un opérateur des frères Lumières plante sa caméra et filme les premiers tramways électriques de Suisse.
Décembre 1899
Année de l'Exposition Nationale : plus de sept millions de voyageurs TS.
1900 - Durant l'année
Création de la société CGTE (Compagnie Genevoise de Tramway Électriques), qui fait construire et inaugure son nouveau dépôt de La Jonction, et y installe son siège social.
Elle modernise également son infrastructure en faisant remplacer la voie normale par la voie étroite, déjà utilisée pour le réseau campagnard.
De nouvelles lignes voient le jour, notamment celle reliant Versoix (déjà desservie par le train) à Hermance.
Des voies sont ême posées en vieille-ville, mais la ligne est tellement dangereuse et déficitaire qu'elle est supprimée après 3 mois.
Le dépôt de La Cluse, trop petit, est remplacé par celui de La Jonction.
Il y eut également 6 projets soumis au concours pour la première modernisation du Pont du Mont-Blanc (cf. 05.01.1903).
Décembre 1900
La CGTE dénombre 180 agents du personnel.
De 1900 à 1902
Des nouvelles motrices à boggie sont mises en service. Elle sont construites à Collogne, dans l'Allemagne de l'ouest. Elles sont peintes en jaune, et les voitures sont ouvertes devant et au centre.
1901 - Durant l'année
La ligne entre le quai de la poste et le Grand-Lancy est électrifiée.
05.01.1903
Début de la première modernisation du Pont du Mont-Blanc par la Ville de Genève, afin que les tramways électriques, plus lourds, puisses y circuler.
Parmis 6 propositions, c'est celui en béton qui est retenu, pour un coût total de CHF 766 181.
On y refait la charpente ainsi qu'un renfoncement général de la structure.
Les travaux sont effectués sans interruption du trafic, et la longueur du pont est augmentée de deux mètres en largeur, et trois en longueur afin de permettre la pose des doubles voies du tramway (voie étroite !). Les travaux seront effectués en 3 phases, et seront terminés le 19.08.1903.
19.08.1903
Fin des travaux de la première modernisation du Pont du Mont-Blanc, avec deux mois d'avance.
11.02.1909
La gare de Cornavin sûbit un incendie. Elle sera restaurée.
1913 - Durant l'année
Rachat de la ligne du PLM par les CFF.
1925 - Durant l'année
Lignes de campagnes étant déficitaires, la CGTE est au bord de la faillite. La concurrence du vélo et de la voiture participe au déclin du rail.
1928 - Durant l'année
Monsieur Eric CHOISY dirige la CGTE, qui a réussi à éponger ses dettes.
Le principal problème étant la disproportion entre la longueur des lignes (par exemple en campagne), et le manque d'utilisateurs hors agglomération.
L'Etat de Genève ne voulant pas verser un centime, considérant que les compagnies de transports publics devaient se débrouiller d'elles-mêmes, l'entretien du réseau est alors assuré grâce aux bénéfices de la compagnie.
Les voitures ont été transformées par la CGTE elle-même, alors qu'elle n'était qu'exploitante.
Une seule voiture authentique est conservée : le tramwayvert numéro 67.
1929 - Durant l'année
Quatrième travaux d'agrandissement de la gare de Cornavin.
Cette même année est marquée par ladite Grande Dépression, soit le krach de Wall Street. Il provoque une crise économique mondiale.
Son impact a été retardé mais violent en Suisse, un pays très dépendant du commerce international, des exportations et du tourisme.
- Effondrement du commerce mondial : les barrières douanières se sont multipliées, ruinant les industries exportatrices suisses (mécanique, textile, horlogerie).
- Crise bancaire : plusieurs grandes banques suisses se sont effondrées entre 1931 et 1933, comme la Banque populaire suisse, détruisant l'épargne et paralysant le crédit aux entreprises.
- Effondrement du tourisme : une source majeure de revenus s'est tarie, affectant les régions alpines et les villes.
1930 - Durant l'année
C'est une année difficile financièrement pour les tramelots.
1931 - Durant l'année
Cinquième travaux d'agrandissement de la gare de Cornavin.
1934 - Durant l'année
Les tramelots de la CGTE sont confrontés à une grave crise du chômage (on parle de plusieurs milliers de personnes). C'est une micro-illustration des conséquences sociales causées par la Grande Dépression de 1929 qui frappe durement l'économie suisse, très dépendante des exportations et du tourisme.
La CGTE baisse le salaire des tramelots de 3%, qui travaillent 7 jours de suite et ont congés le 8e, soit des semaines irrégulières de travail.
1939 - Durant l'année
La CGTE, pauvre, est placée sous régime militaire tout comme le peuple, suite à la seconde guerre mondiale.
De 1939 à 1945
Début et fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Août 1945
Grève populaire des tramelots de la CGTE, qui paralyse Genève. C'est la première grève dans une entreprise genevoise depuis la fin de la guerre.
Les employés obtiennent gain de cause après huit jours de grève. Les salaires sont augmentés, les horaires de travail réduits.
De 1946 à 1947
Pour obtenir l'accord de l'État de Genève, la CGTE doit présenter un programme raisonnable axé sur la modernisation.
Il commence par la ligne 12 avec la commande de 30 motrices et 15 remorques normalisées (soit un standard suisse).
Les gains sont multiples : confort, accessibilité et silence améliorés pour les usagers, puissance et vitesse accrues (45-50 km/h) qui permettent de gagner dix minutes sur la ligne 12, notamment sur la rampe de Chêne.
Les conducteurs (wattmen) bénéficièrent quant à eux d'une cabine chauffée, de démarrages plus rapides et d'un meilleur freinage.
1951 - Durant l'année
Introduction du premier tramway dit moderne choisi en 1946-1947 car la CGTE eut enfin la possibilité de moderniser son matériel roulant.
Certains usagers sont conquis par le changement…
1953 - Durant l'année
… d'autres le voient sous un angle différent :
"Perturbateur inévitable du trafic urbain et suprême empêcheur de tourner en rond, le tramwa yest le pelé, le galeux, le proscrit des temps modernes. Haro donc sur le tram! Que l'on l'ait de trêve qu'il soit banni de nos rues. Nous sommes prêts, l'il le faut, à accorder un certain sursis au réseau actuel : mais nous nous opposons à ce qu'il lui soit administré un sérum de longue vie ou une transfusion de sang sous la forme de nouvelles 700.", selon le Bulletin de la section genevoise du TCS de février 1953.
Le tramway perd du terrain face à la concurrence de l'automobile en pleine extension :
- 1932 : 7871 véhicules
- 1950 : 14 909 véhicules
- 1960 : 49 847 véhicules
- 1970 : 111 282 véhicules
1956 - Durant l'année
Electrification de la ligne Paris - Lyon - Marseille en courant de 1500 Volts continu. Cela provoque la disparition des gardes-barrières dont certains bâtiments sont conservés et deviennent des habitations.
Le tramwayest synonyme de cause à accident. Même le Tribunal de Police le condamne, comme on peut le lire dans cet extrait de 1956 :
Le Tribunal a déjà eu l'occasion de souligner que les tramways sont des véhicules encombrants dont l'existence est dépassée par les nécessités actuelles de la circulation.
Certaines lignes de compagnes avaient déjà été remplacées par le bus. Ce phénomène l'amplifiera et touchera les lignes urbaines.
Zurich, Bâle, Berne modernisent leurs infrastructures, mais Genève démantèle son réseau.
1958 - Durant l'année
L'autobus ou trolleybus a clairement l'avantage et les faveurs du public.
- Sur la ligne 5, l'une des plus ancienne de la ville, le tramway est remplacé par le bus.
- S'en suit la ligne 6
- Puis de la ligne 8, au terminus de Veyrier.
- La ligne 9 est alors la dernière desservant la campagne par tramway pour Hermance.
Dans les derniers temps du tramway, les lignes en campagne servaient pour les transports de courrier, de livraisons pour les commerçants, de moyen de transport pour les vélos, porteurs de journaux, lait, etc.
04.12.1961
Disparition de la ligne 2 conduisant à Bernex.
19.06.1962
Pour la première fois, toute la CGTE au grand complet est réunie au Pavillon des Expositions pour fêter les 100 ans de l'exploitation.
1964 - Durant l'année
Démolition de l'embranchement de la Gare des Eaux-Vives qui n'plus utilisée depuis la disparition des omnibus tractés par des chevaux.
Elle sera reconstruite à double voies avec une boucle et voie de garage entre 1969 et 1970.
1965 - Durant l'année
Deuxième modernisation du Pont du Mont-Blanc.
Le pont est élargi pour atteindre 26.8 mètres de large pour permettre la construction d'une chaussée de 20 mètres et de deux trottoirs de 3 mètres.
Entre 1969 et 1970
Reconstruction de la gare ferroviaire des Eaux-Vives.
La Ceinture (ligne 1) de la CGTE meurt lors d'une cérémonie d'enterrement.
Cependant…
1970 - Durant l'année
… une nouvelle génération de population arrive : les Ecologistes.
La signalisation propre aux transports publics est modernisée, et on y introduit les premiers feu préférentiel, trois points en forme de T.
Sont également créé de nouveaux couloirs réservés aux tramways.
On informatise progressivement les habitacles : les signaux sont reliés à des terminaux, le réseau est géré électriquement.
La motrice 701 fête ses 35 ans de service !
Fiche technique :
- Années de construction : 1950 à 1952
- Numérotation CGTE : Ce 4/4, puis dès 1955 Be 4/4 701 à 730
- Constructeurs :
- Partie mécanique : SWP (Schindler Waggonfabrik, Pratteln)
- Partie électrique : SAAS (Société Anonyme des Ateliers de Sécheron)
- Longueur totale : 13.95 mètres
- Largeur de caisse : 2.20 mètres
- Hauteur du véhicule : 3.90 mètres (pantographe baissé)
- Poids à vide : 16 000 kg
- Empattement du bogie : 1.65 mètre
- Puissance maximum : 4 x 65 CV
- Vitesse maximum : 60 km/h
- Places assises : 28 places
- Places debout : 72 places
- Capacité totale : 100 places
- Carrosserie : acier et en aluminium
- Châssis : tôle l'acier pliée
- Système l'attelage : automatiques GF aux deux extrémités de la voiture
- Freins :
- Frein à main par volant commandant 16 sabots
- Frein électrique sur résistances
- Frein à air comprimé système stop tram Charmilles
- Frein magnétique sur rail par 4 sabots
- Cabine : isolée du compartiment des voyageurs
- Position du Wattman : assis
- Portes : commande électropneumatique à deux doubles vantaux
27.05.1988
On fête le centenaire du Chemin de Fer Genève Eaux-Vives - Annemasse.
01.06.1988
La gare des Eaux-Vives (gare des Vollandes), tête de la ligne de Genève à Annemasse, entre en service.
28.05.1995
Inauguration de la nouvelle ligne 13.
2000 à Aujourl'hui
2000 - Durant l'année
Les TPG acquirent une nouvelles motrices immatriculée 341, propriété de l'Etat de Genève.
Les transports renaissent notamment grâce aux voies propres qui permettent à l'utilisateur de gagner du temps dans les embouteillages.
Le tramway s'avère la seule solution pour désengorger la ville du trafic. Ces motrices sont dotées d'un hacheur de courant pour permettre un démarrage rapide sans à-coups.
Retournement de veste du TCS : il encourage maintenant le public à prendre le tramway.
En plus de la ligne 12, seule survivante, le projet d'un réseau en croix est étudié à Genève avec un tracé allant en direction de Meyrin, et le second à Onex.
Un projet de métro (appelé VAL) est même projecté sur le modèle de celui déjà en service à Lille (France). Il serait automatisé, sans conducteur. Mais son prix 2 à 3 fois plus important qu'une ligne de tramway fut avorter le projet. De plus, il a été dit qu'il faudrait million de passagers pour que cela soit rentable.
2004 - Durant l'année
Modernisation de la gare de Cornavin, première partie.
27.11.2011
Dernier train TER (884398) Rhône-Alpe au départ de la gare des Eaux-Vives.
Les travaux du CEVA vont commencer.
Entre 2012 et 2013
Le type de courant est changé pour s'unifier avec le réseau ferré français. La Suisse passe du courant continu en alternatif et de 1'500 Volts à 25'000 Volts.
Les TPG utilisent eux des lignes à 600 Volts comme le reste de la Suisse, en agglomération.
Entre 2012 et 2014
Modernisation de la gare de Cornavin, seconde partie.
15.12.2019
Ouverture à la circulation de la ligne du CEVA.
Annexes
Informations additionnelles
Environ deux cents tramways à vapeur furent produites par la SLM de Winterthour.
Biograhpie d'Alphonse Loubat
Alphonse Loubat est né le 15 juin 1799 à Sainte-Livrade et est décédé le 10 septembre 1866 à Ville-l'Avray.
Il est inhumé au cimetière de Passy, à Paris.
Il est l'inventeur du rail à ornière (ou rail en U) utilisé par le tramway, et le pionnier de l'installation du tramway hippomobile en France.
L'Homme Public
Loubat se présente aux premières élections au suffrage direct en 1848 en Lot-et-Garonne sous l'étiquette de républicain démocrate et édite un opuscule dénommé De la constitution à donner à la France républicaine où il explique les rouages du gouvernement des &Eacite;tats-Unis qui, depuis 72 ans, fait le bonheur de cette République. Il fut maire de Sèvres du 6 décembre 1854 à décembre 1858.
L'expérience américaine
Il part aux &Eacite;tats-Unis où il fait fortune en y important des pieds de vigne du Bordelais, en favorisant la viticulture et en rédigeant en 1827 à New York un Guide du vigneron.
À New York il l'intéresse aux débuts du tramway hippomobile dont la première ligne entre en service en 1830 à Baltimore.
Puis une autre en 1832 à Broadway (ville de New York). Mais cette technique alors expérimentale a un gros inconvénient : les rails étant implantés en saillie sur la chaussée gênent la circulation des autres véhicules, et provoquent donc des accidents.
Loubat a l'idée d'utiliser un rail à gorge enfoui dans la chaussée et ne dépassant pas de celle-ci. Cette solution est mise en œuvre en 1853 sur le tramway de Broadway, dont l'exploitation fut un succès et permis à cette solution de se diffuser au reste du pays.
Les chemins de fer américains
Rentré en France, il dépose en 1852 un brevet sur un rail en U permettant d'escamoter complètement le rail dans la chaussée. En 1853 il est autorisé à construire une première ligne d'essai de deux killomètres à Paris sur le cours la Reine. Il est mise en service le 21 novembre 1853.
Le tramway de l'époque est un véhicule roulant sur des rails mais tiré par des chevaux. Il emporte 48 voyageurs : 18 à l'intérieur, 24 sur l'impériale et 6 debout sur la plate-forme réservée aux fumeurs.
Devant le succès rencontré, une concession trentenaire est signée en 1854 (approuvée par décret du 18 février 1854) pour la construction l'une ligne entre Vincennes et Sèvres (Pont de Sèvres) en passant par la Concorde. Cette concession, accordée à titre précaire et révocable, prévoit que l'entretien des voies est obligatoire pour le concessionnaire, mais ne contient aucune prescription pour la chaussée. Une redevance est prévue au profit de la ville de Paris.
«Malgré toutes ses instances, Loubat ne put être autorisé à construire effectivement et à exploiter la partie de
sa concession comprise entre la place de la Concorde et Vincennes. Le gouvernement craignait que les tramways ne fussent une cause l'accidents aux passages des ponts et surtout dans la rue Saint-Antoine. L'expérience a démontré depuis combien ces craintes étaient chimériques.»
Toutefois, en 1855, Haussman oblige les lignes gérant les omnibus parisiens ainsi que le nouveau tramway à se regrouper. Alphonse Loubat doit céder son entreprise; il reçoit en échange des actions de la nouvelle compagnie, la CGO.
Références
- Bateau-manège : trains en Savoie
- Bateau à vapeur Guillaume Tell : Ge 2000
- Historique du Pont du Mont-Blanc : Wikipedia
- Biographie de John Stephensen : Geni
- Biographie l'Alphonse Loubat : Wikipedia
- Complément l'informations 1900 - aujourl'hui : archives RTS, Drôle de Tram, documentaire
- Feux préférentiels, descriptif : SnoTPG
- Historique gare des Eaux-Vives : SnoTPG
- Le Tram à Genève : Livre aux éditions du Tricorne - 1976